20 Jun Cancer, comme un mauvais rêve !

Vendredi, 7 juillet 2017. La nature est si avide d’être qu’elle se dédouble dans l’eau de l’étang du parc près de chez moi. Elle m’inspire, le même élan tente d’émerger en moi.

Trois semaines et demie d’attente. Pourtant on m’avait dit que j’aurais les résultats deux semaines après les biopsies. Mais, c’est l’été, les vacances. Et puis, j’ai fait une erreur en demandant que les résultats soient envoyés à mon médecin de famille. J’ai appris à mes dépens que ça va beaucoup plus vite en passant par la clinique où les biopsies sont faites. À retenir si vous vous trouvez dans une telle situation un jour.

Ce vendredi après-midi, 7 juillet, je suis assise à la table de la salle à dîner avec le numéro de ma médecin dans une main et le téléphone dans l’autre. Et il sonne ce téléphone, à ce moment précis. Un médecin de la clinique du sein au CHUM m’annonce délicatement, et en s’excusant d’être porteur d’une mauvaise nouvelle, que les biopsies ont confirmé la nature des deux petites tumeurs visualisées à l’échographie, elles sont cancéreuses. Eh! bien croyez-moi ou pas, j’ai pris soin de lui: ” Non, non, ne vous excusez pas, il faut bien que quelqu’un me l’annonce, je vous remercie de m’avoir appelée.” Rapidement, il m’informe qu’il va faire de son mieux pour que j’aie un rendez-vous avec un oncologue-chirurgien le plus tôt possible. ” Trois semaines et demie, me dit-il, c’est déjà trop long, votre dossier a été égaré pendant plusieurs jours.” J’ai raccroché, assommée même si je m’y attendais. Je n’ai pas du tout pensé à poser quelques questions: ” A-t-il l’air méchant ce cancer ?” “Est-il envahissant ou contenu ? Est-il arrogant, agressif ?” “C’est quoi son  nom?”

Tableau surréaliste. Étrange et mauvais rêve ! La vie vient d’être excessive avec moi et je ne sais pas du tout comment répondre.  Je ne pense pas à la mort ni à la guérison, je pense à la violence des traitements. Et je sais d’ores et déjà que je ne les refuserai pas. Je n’ai pas de larmes, que de la peur.

Heureusement, en attendant les résultats, j’avais bien pris soin de moi et je ne pourrai jamais assez dire combien cela m’a aidée à mieux composer avec cette nouvelle dévastatrice … après le choc initial. J’avais d’abord laissé aller un surplus de stress et de poids, j’avais établi un meilleur contact avec mes seins, je m’étais recueillie visualisant que ma bonne santé venait à la rescousse et je n’avais pas oublié de rire. Cette attention plus soutenue que d’habitude à mon corps s’est révélée être des plus fortifiantes parce qu’elle m’offrait de l’espoir et qu’elle donnait une direction à la prise en charge de ma situation. Cette direction, j’ai choisi que ce serait celle du coeur. Je ne voulais pas me battre avec ce cancer, je ne voulais pas envoyer mes globules blancs, déguisés en soldats, faire la guerre à ces cellules confuses qui s’étaient laissées emporter par la maladie. Je ne voulais pas me battre, je voulais m’aimer, plus, mieux, sans oublier mon corps et mes seins. Je me suis souvenue de cette belle idée, chantée à répétition et sur tous les tons dans les années ’70 : ” Faites l’amour, pas la guerre!” Me voir comme une battante face à une guerre à gagner n’était une option pour moi, je me visualisais guérie, en paix. Je voulais aimer mon sein droit et mon sein gauche, je voulais  redonner aux cellules cancéreuses une vie plus organisée et plus fonctionnelle. Si les cellules cancéreuses sont obèses, alors je ne  voulais pas juste les priver de sucre, je voulais surtout les nourrir d’amour, les entourer de soins et de tendresse. J’ai choisi de ne pas leur en vouloir  Je pense que j’ai réussi. Et ce  long processus de réconciliation se poursuit encore aujourd’hui alors que je vais bien mais que je dois continuer à focaliser sur une guérison complète.

 

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